Allez, c’est parti pour un beau tournoi de qualité, avec des
essais, des Gallois déchaînés, de fiers Ecossais, et des Irlandais toujours au
coin du bois. Incroyable comme ils ont inventé le suspense ces diables
là ! Ils pourraient donner des cours aux plus grands réalisateurs de ce
genre cinématographique. Et l’orgueil et l’énergie ! Une vraie batterie
verte au service du rugby. C’est écolo, efficace, propre et sans danger, ça
vous réchauffe l’atmosphère vite fait bien fait, en plein mois de février, ça
pousse et ça bourgeonne de partout sur la pelouse. Bref, je me régale, je me
nourris pour un an, j’engrange, je stocke, je pick and go du petit lait. Mais
il y a tout de même un petit problème que je voudrais ici soulever. Oh, trois fois
rien, juste un point de communication, d’affichage, un petit réglage de rien du
tout que messieurs les techniciens de la BBC et de France Télévision peuvent
sûrement ajuster, depuis le temps qu’ils
nous retransmettent ce beau jeu de rugby.
Pourquoi donc, messieurs, on n’y voit plus rien. Les caméras
sont placées sur des grues bien trop hautes, et les joueurs deviennent de
petits scarabées interchangeables… Et le zoom, il est où le
zoom ? Et le gros plan un peu
large, pour bien voir la mêlée, la touche et la passe chistéra, si chère à mon
cœur ? Me voila obligée de coller mon nez sur l’écran pour distinguer qui
fait quoi. Je suis à Bayonne, moi, messieurs, c’est loin de Cardiff, de Londres
ou de Paris. C’est beau mais c’est loin, on y voit tout petit, même debout sur
la pointe des pieds.
Et puis il y a autre chose de tout rabougri, tout empâté,
qui me fait pleurer à force de le déchiffrer : c’est l’affichage du score,
en tout petit, en haut à gauche. Les six et les cinq ressemblent à des zéros,
les un pourrait être des sept… me voila donc obligée de compter : un essai
plus une transformation ratée multipliée par une pénalité réussie égale un beau
match… Tiens j’ai perdu le ballon, il est où le ballon ? Les scores sont
bons quand ils bougent souvent, mais il faut écrire plus gros dessus ma télé,
messieurs ! Pas trop non plus, quand même, que je vois le jeu. Déjà que
les sponsors….
Comme avant quoi, quand vous étiez jeunes, avec de bons
yeux, messieurs les techniciens.
Sifflets